Eric Delemar, Défenseur des enfants : "La jeunesse n'a jamais été aussi contrainte"
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Eric Delemar, Défenseur des enfants : "La jeunesse n'a jamais été aussi contrainte".
"Sur le mouvement "No Kids", je trouve que c'est scandaleux, parce que ça considère au fond que nos enfants seraient en dehors de l'espace public.
Mais qui oserait dire aujourd'hui qu'il faut interdire tel espace de transport, tel espace public, à telle catégorie d'adultes ?
Et puis alors, entre nous, en termes d'intranquillité publique, je dirais que les adultes sont loin d'être exemplaires.
Bonjour, je suis Eric Delemar, je suis le Défenseur des enfants, je suis l'adjoint de Claire Hédon, la défenseure des droits, et ma mission elle est de défendre les droits des enfants et de les faire connaître.
Je considère qu'on déconsidère nos enfants. Les enfants ne sont jamais la priorité. Alors, ils n'ont pas le droit de vote, ils ne comptent pas, et pourtant, ils sont plus de 14 millions d'enfants dans notre société.
Leur développement est crucial pour les enfants qu’ils sont aujourd'hui, pour les adultes qu'ils seront demain, et ça a un coût pour la société. Ça met une pression sur la jeunesse.
En matière de protection de l'enfance, on est régulièrement rappelé à l'ordre sur un défaut de protection, manque de diligence, on ne protège pas les enfants suffisamment vite. Quand ils ont parlé, on ne les écoute pas. Et l'accès à la justice est compliqué. A peine 2% des enfants victimes de violences sexuelles verront leur agresseur condamné. C'est-à-dire qu'on a du mal à croire nos enfants. La justice ne fait pas accéder les enfants à des sujets de droit."
La non-considération des enfants va conduire à des effets délétères pour les enfants et pour la société : coût humain, coût psychologique, coût économique. 55% des enfants accompagnés par la protection judiciaire de la jeunesse, qui ont commis des délits, étaient pris en charge par la protection de l'enfance. Un quart à un tiers des jeunes majeurs qui vivent à la rue ont eu un passé d'enfant en situation de danger ou en situation de handicap.
Je crois que la jeunesse n'a jamais été aussi contrainte aujourd'hui. On la stigmatise, on ne supporte plus que les enfants jouent dans la rue, qu'ils fassent du bruit, et en même temps, on leur reproche d'être sans arrêt sur les écrans à la maison. Donc, on est dans des injonctions paradoxales comme ça, avec des violences éducatives ordinaires.
Et en déconsidérant les enfants, on déconsidère encore une fois ceux qui s'en occupent, les futurs parents et d'abord, les femmes et les mamans.
Et puis, bien entendu, les métiers de la petite enfance, les métiers de l'enfance, c'est comme si tout le monde pouvait s'en occuper. On n'est pas obligé d'avoir des formations. Et ça, ce n'est pas normal. La question de l'enfance, la question de l'accompagnement des enfants, de la connaissance du développement de l'enfant, du droit des enfants, est indispensable. Et on doit former les gens, mieux les considérer, mieux les rémunérer et leur donner les moyens de travailler."
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