Dans la Marne, une parcelle agricole "régénératrice" pour aider les abeilles face aux canicules

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Dans la Marne, une parcelle agricole "régénératrice" pour aider les abeilles face aux canicules.

Bouleuse (AFP) - Au milieu des champs desséchés, une parcelle en fleurs sur laquelle butinent des abeilles en plein mois d'août : dans la Marne, un agriculteur a investi dans la plantation de légumineuses résistantes qui régénèrent les sols et offrent une oasis à la biodiversité.

"Sans pluie depuis deux mois et demi, la luzerne et le lotier ont bien poussé", se félicite Arnaud Billet en désignant les fleurs, violettes pour les premières et jaunes pour les secondes, sur sa parcelle entre champs jaunis et vignes à Bouleuse, petit village marnais proche de Reims.

Il a planté ces légumineuses dans le même sol que du blé récolté il y a près d'un mois, selon des principes d'agriculture de conservation et de régénération des sols qu'il applique depuis 12 ans, après des débuts en agriculture conventionnelle.

L'agriculture dite "régénératrice", basée sur des principes d'agronomie, doit permettre de réduire l'impact de l'humain sur la terre.

Arnaud Billet n'a sur sa parcelle "pas de travail du sol" à effectuer, car en raison de leur enracinement très profond, les plantes choisies s'alimentent en eau dans les sous-sols. 

Elles sont ainsi plus résistantes face aux sécheresses et aux canicules, vouées à se répéter en raison du réchauffement climatique.

En plus de rééquilibrer les sols, la floraison estivale de luzerne, sainfoin et lotier crée une oasis pour la biodiversité, et notamment pour les abeilles.

Ces dernières sont essentielles à la pollinisation, elle-même centrale dans le cycle de vie des plantes et la production des fruits.

Les canicules possèdent "deux principaux effets" néfastes sur les ruches, selon l'apiculteur marnais Philippe Lecompte.

Le premier est celui de l'impact "sur la ressource" : sans eau, les plantes sèches ne produisent pas ou trop peu de nectar, lequel nourrit les abeilles.

Le second influe "sur le comportement des ruches" car les abeilles "consacrent une partie de leur énergie à rafraîchir la ruche" plutôt qu'à fabriquer du miel, détaille-t-il.

Les canicules à répétition semblent ainsi avoir provoqué une baisse moyenne de 30% du volume des récoltes depuis le début de l'été, selon les premiers chiffres dont dispose Fanny Cadoux, apicultrice et administratrice d'InterApi, l'interprofession des produits de la ruche.

Des effets délétères que la "parcelle-test" d'Arnaud Billet vise à atténuer pour les dizaines de milliers d'occupantes des vingt ruches installées à Bouleuse.

Philippe Lecompte espère voir cette "excellente initiative" étendue à d'autres territoires.

"Car c'est une solution reproductible, qui est regardée de très près par des agronomes, par des coopératives", assure celui qui est aussi président du réseau Biodiversité pour les abeilles.

This article was published Thursday, 13 August, 2026 by AFP (420 words)
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Une abeille butine de la luzerne, à Bouleuse, dans la Marne, le 6 août 2026 - Sameer Al-DOUMY (AFP)

Une abeille butine de la luzerne, à Bouleuse, dans la Marne, le 6 août 2026 - Sameer Al-DOUMY (AFP)


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