Dons d'organes en France : des pistes pour augmenter les greffes et explorer les xénogreffes

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Dons d'organes en France : des pistes pour augmenter les greffes et explorer les xénogreffes.

Paris (AFP) - Face aux besoins croissants d'organes pour des greffes, la France doit renforcer son organisation mais aussi explorer de nouvelles pistes, selon le Comité d'éthique, qui ouvre la porte à la recherche sur la transplantation d'organes issus de porcs.

Actuellement, "les patients sont exposés à des pertes de chances croissantes, alors que l'ensemble des leviers susceptibles de mieux répondre à leurs besoins n'est pas pleinement mobilisé", constate le CCNE, qui publie mardi un avis sur les enjeux éthiques autour du don d'organes.

En moins d'une décennie, le nombre de patients sur la liste d'attente a augmenté de 50%, pour avoisiner 24.000 début 2026. En 2025, la France a fait un record de 6.148 greffes d'organes, mais parallèlement 966 patients sont décédés faute de transplantation.

Pas de "fatalité", considère toutefois l'instance présidée par Jean-François Delfraissy : l'exemple de l'Espagne montre que d'importants progrès sont possibles.

De la prévention à l'accès à la greffe, le rapport copiloté par le Pr Jacques Duranteau et la présidente de l'association Renaloo, Yvanie Caillé, formule sept propositions pour remodeler en partie le système français.

A l'hôpital, maillon clef, le CCNE appelle à lever plusieurs freins d'organisation : renforcer les équipes de coordination, développer les réseaux territoriaux, élargir le prélèvement après arrêt circulatoire contrôlé, systématiser le recensement des donneurs potentiels...

Pour élargir les possibilités de greffes de rein, il recommande de développer le don vivant à un proche, moindre que dans d'autres pays. 

Autre préconisation : autoriser le don de rein non dirigé, jusqu'ici interdit, dans le respect de l'anonymat et dans un cadre juridique et médical strict. 

Cette pratique, qui consiste à donner un rein de son vivant sans connaître le receveur, a permis plus de 1.000 greffes au Royaume-Uni depuis sa mise en œuvre au milieu des années 2000. 

Alors que le taux d'opposition de proches de donneurs potentiels décédés ne cesse d'augmenter, le CCNE invite à renforcer l'information et la pédagogie, notamment auprès des jeunes. 

Position la plus inédite : le Comité d'éthique ouvre la voie à la recherche en France sur les xénogreffes dans un cadre éthique, scientifique et sanitaire "exigeant", après un appel, en 2025, de l'Académie de médecine à un plan national sur les xénotransplantations. 

Il recommande d'anticiper les enjeux éthiques, règlementaires et sanitaires liés à la recherche sur les transplantations d'organes de porcs génétiquement modifiés, avant une éventuelle généralisation clinique.

Les bénéfices, le consentement et la sélection des patients, mais aussi les risques liés à la possible transmission d'agents pathogènes ou encore les conditions de vie des animaux font partie des multiples questions.

"La xénogreffe ne doit pas se substituer au don d'organes d'humain", souligne le Comité d'éthique, mais, si son efficacité et sa sécurité étaient démontrées, elle pourrait s'envisager comme "solution complémentaire" pour des patients ne pouvant recevoir un greffon humain ou en attente de transplantation. 

This article was published Friday, 18 September, 2026 by AFP (470 words)
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Un chirurgien réalise une greffe de cornée à l'hôpital Édouard Herriot de Lyon, le 2 avril 2012 - Jeff PACHOUD (AFP)

Un chirurgien réalise une greffe de cornée à l'hôpital Édouard Herriot de Lyon, le 2 avril 2012 - Jeff PACHOUD (AFP)


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