"Je dois travailler" : quand les livreurs bravent la chaleur de Rome pour survivre

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"Je dois travailler" : quand les livreurs bravent la chaleur de Rome pour survivre.

Rome (AFP) - Des livreurs à vélo sillonnaient Rome pendant les heures les plus chaudes de la journée mercredi alors que des militants équipés d’une caméra thermique relevaient des températures caniculaires dans les rues. 

"Oui, il fait chaud, mais je dois travailler, sinon je gagne peu", a déclaré à l’AFP Omer Iliaz, 22 ans, un livreur originaire du Pakistan, près de la gare Termini de Rome.

"Si on ne fait que quatre ou cinq heures par jour... Comment est-il ensuite possible de manger, de s’habiller et de tout payer ?", ajoute-t-il.

Le livreur a expliqué à l'AFP qu’il gagnait entre 30 et 70 euros par jour selon le nombre de commandes, en effectuant des journées de travail de 10 heures.

"Il y a des personnes (...) dans cette zone qui travaillent à des températures extrêmement élevées, au‑dessus de ce qui est considéré comme une température de stress" pour le corps humain, a déclaré Simona Abbate, militante pour le climat chez Greenpeace.

Selon elle, "la crise climatique touche surtout les personnes les plus fragiles, les catégories de la population qui ont besoin de travailler, qui sont obligées de travailler".

L'organisation a indiqué avoir relevé des températures de surface pouvant atteindre 80°C dans la zone fortement asphaltée autour de la gare. 

La région du Latium, où se trouve Rome, a approuvé un arrêté interdisant aux ouvriers du bâtiment et aux livreurs de travailler durant les heures les plus chaudes de la journée, entre 12H30 et 16H00, en raison des températures particulièrement élevées.

Mais cet arrêté est largement bafoué et les applications de livraison de repas n’informent pas leurs clients des restrictions en vigueur à ces heures-là. 

Damiano Carbonari, militant du syndicat italien CGIL, a indiqué que son organisation distribuait de l’eau et mettait en place des aires de repos dans toute la ville afin que les cyclistes puissent faire une pause.

Le syndicat s’efforce également de garantir que les livreurs, dont beaucoup sont des travailleurs indépendants, se voient proposer des contrats leur permettant d’être rémunérés même pendant les heures les plus chaudes de la journée.

"Ils sont conscients que s'ils ne travaillent pas, personne ne les paie, et ils sont donc contraints de travailler malgré la chaleur", a déclaré à l'AFP M. Carbonari, qui estime à environ 1.000 le nombre de livreurs à Rome.

This article was published Friday, 26 June, 2026 by AFP (384 words)
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Un livreur à vélo près du Vatican à Rome le 24 juin 2026 - Filippo MONTEFORTE (AFP)

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