La Belgique, inquiète d'être un nouveau point de départ des migrants vers l'Angleterre

Si vous ne connaissez pas un mot, surlignez-le avec votre souris et cliquez sur “Translate” pour le traduire dans la langue de votre choix.


La Belgique, inquiète d'être un nouveau point de départ des migrants vers l'Angleterre.

Bruxelles (AFP) - Des gilets de sauvetage, enfouis dans des dunes. Des passeurs, scrutant la mer pour lancer, à la faveur de la nuit, des rafiots, direction l'Angleterre. Le phénomène débute seulement, mais inquiète les autorités belges qui redoutent de voir des campements de migrants s'installer le long de leurs côtes, comme en France.

Aucun migrant n'a été intercepté en Belgique en cherchant à traverser la Manche en 2025. Mais depuis janvier, 425 personnes ont été arrêtées avant de gagner la mer.

A en croire les policiers, bourgmestres et ONG contactés par l'AFP, le phénomène s'explique en grande partie par le durcissement des mesures prises par la France pour lutter contre ces traversées de son côté de la frontière. Même si le trajet est plus long.

A vol d'oiseau, la Belgique est à plus de 80 kilomètres de l'Angleterre -contre les 30 km qui séparent les plages du nord de la France des côtes anglaises.

"La France est devenue plus sévère" vis-à-vis des migrants, assure Jean-Marie Dedecker, à la tête de la commune de Middelkerke, bordée par la mer. "Et quand elle est plus sévère, ils viennent en Belgique."

Depuis plusieurs mois, l'édile assiste à la mise en place d'un stratagème bien rodé par les passeurs le long de ses plages.

"Ils cachent leurs choses, les vestes, le bateau, le moteur dans les dunes", décrit-il à l'AFP. "Le matin, à partir de 05-06H00, ils gonflent les bateaux et les autres arrivent pour sauter dedans", assure le bourgmestre.

Une fois à l'eau, les embarcations longent la côte, pour se rapprocher de la France.

Certains canots s'arrêtent alors pour "récupérer" des migrants dans les eaux françaises. D'autres embarcations filent directement vers l'Angleterre, avec "15 ou 20" personnes à bord, explique Christiaan De Ridder, adjoint d'une zone de police belge frontalière de la France.

Cette nouvelle tendance frustre le gouvernement belge, qui veut tout sauf apparaitre laxiste sur ce dossier.

"Il doit être clair que la côte flamande n'est pas une alternative attrayante pour effectuer la traversée vers le Royaume-Uni", a appuyé la ministre de l'Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, dans une déclaration transmise à l'AFP.

Ses équipes assurent travailler d'arrache-pied pour mettre fin au phénomène, en multipliant notamment le placement en détention de ces exilés, pour la plupart des jeunes hommes, soudanais, afghans ou irakiens.

Les autorités multiplient quant à elles les patrouilles, mais réclament davantage de moyens pour surveiller la côte.

Cette approche fait bondir les ONG, qui exigent plutôt des mesures pour protéger des personnes d'après elles déjà "extrêmement traumatisées" par le voyage jusqu'en Europe.

This article was published Tuesday, 26 May, 2026 by AFP (426 words)
Article complet réservé aux abonnés.
Accédez à l'intégralité de l'article, choisissez un abonnement
La plage de Middelkerke, le 25 mars 2023 - Kenzo TRIBOUILLARD (AFP)

La plage de Middelkerke, le 25 mars 2023 - Kenzo TRIBOUILLARD (AFP)


Plus d'articles