Les descendants de familles nobles surreprésentés dans les grandes écoles, selon une étude

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Les descendants de familles nobles surreprésentés dans les grandes écoles, selon une étude.

Paris (AFP) - Les étudiants descendants de familles nobles avaient, "sur la période récente", entre six et neuf fois plus de chances que le reste de la population d'intégrer les grandes écoles, comme Polytechnique, l'Essec ou l'Ecole normale supérieure, selon une étude qui a examiné les dossiers de 270.000 étudiants.

"Cette étude met en évidence la surreprésentation des familles nobles dans les grandes écoles les plus prestigieuses, même deux siècles après la Révolution", pointe Stéphane Benveniste, professeur au Centre d'économie de la Sorbonne (CES) et à l'université d'Aix‑Marseille, dans cette étude publiée mercredi dans la revue scientifique Économie et statistique éditée par l'Insee. 

L'auteur a étudié les dossiers de 270.00 étudiants de dix écoles parmi les plus prestigieuses (ENA, ENS Ulm, ESPCI Paris, École polytechnique, École des Ponts et Chaussées, Télécom Paris, Mines Paris, ESSEC, ESCP et Sciences Po Paris), entre 1911 et 2015.

Pour identifier les étudiants d'ascendance noble, il s'est appuyé sur les noms à particule dans les registres des écoles, et sur la liste de l'Association d'entraide de la noblesse française (ANF), qui assure "l'authentification de la vraie noblesse".

Selon ses conclusions, les étudiants d'origine aristocratique entrés dans ces grandes écoles entre 1990 et 2015 - nés entre 1971 et 1995 - avaient entre six et neuf fois plus de chances d'intégrer ces grandes écoles, contre onze à quinze fois au début du XXe siècle.

Au début des années 2010, environ une personne sur 500 dans la population française était d'origine aristocratique, alors qu'un étudiant sur 50 dans ces écoles l'était, selon ses estimations.

"Ces résultats montrent que, malgré l'abolition des privilèges aristocratiques historiques, les inégalités entre les familles d'ascendance noble et roturière n'ont pas disparu", souligne l'étude intitulée "ascendance noble et inégalités d'accès aux grandes écoles".

Alors que les étudiants d'ascendance noble "étaient historiquement concentrés à Sciences Po Paris, leur présence est désormais plus uniformément répartie entre les établissements les plus prestigieux, les écoles de commerce affichant les niveaux de surreprésentation les plus élevés", selon l'étude.

Autre enseignement : les hommes d'ascendance noble sont davantage surreprésentés que les femmes dans ces grandes écoles, même si l'écart s'est réduit. 

"Les descendants de la noblesse ont en partie perdu leur domination financière, mais ont mis en place une stratégie de préservation du statut social, en maintenant des réseaux d'entre-soi" et en investissant dans le "capital scolaire" notamment, a souligné auprès de l'AFP Stéphane Benveniste, qui s'est appuyé notamment sur les travaux du sociologue Pierre Bourdieu.

This article was published Tuesday, 31 March, 2026 by AFP (410 words)
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Des élèves de l'École Polytechnique défilent lors du défilé militaire du 14 juillet sur l'avenue des Champs-Élysées à Paris, le 14 juillet 2022 - Ludovic MARIN (AFP)

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