Louvre : un an après le casse, l'énigme du commanditaire
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Louvre : un an après le casse, l'énigme du commanditaire.
Paris (AFP) - Un an après le retentissant casse du Louvre, les enquêteurs semblent avoir reconstitué le mode opératoire... sans retrouver les joyaux. L'existence même d'un commanditaire, qui aurait recruté le commando et récupéré le butin, reste énigmatique.
Le 19 octobre 2025, des cambrioleurs, munis d'un monte-charge de déménageurs et équipés de disqueuses, avaient dérobé un dimanche matin des joyaux de la Couronne, estimés à 88 millions d'euros.
Deux premiers suspects avaient été arrêtés le 25 octobre pour ce cambriolage qui a fait la une en France et à l'étranger.
Il s'agit d'Abdoulaye N., chauffeur de taxi sans licence, déjà condamné pour vols aggravés, baptisé Doudou Cross Bitume sur internet pour son aisance à moto-cross. Et de Ghemlamallah A., un Algérien sans emploi, condamné essentiellement pour avoir conduit sans permis.
En garde à vue, les deux trentenaires avaient avoué leur participation.
Sept mois plus tard, leurs nouvelles déclarations ont créé une ligne de fracture dans l'enquête : ils ont assuré que les deux autres suspects, arrêtés après eux, n'avaient rien à voir avec ce vol spectaculaire, d'après leurs interrogatoires dont l'AFP a eu connaissance.
Si Rachid H. et Slimane K. n'étaient pas présents le jour du casse, comme le soutiennent leurs co-mis en examen, qui l'était ? Un donneur d'ordres, pas encore arrêté, avancent Abdoulaye N. et Ghemlamallah A.
"C'était le mec qui était dans le (scooter) TMAX", affirme à la juge Ghemlamallah A. en juin. C'est lui qui a "conduit la nacelle, installé la nacelle", l'a "manipulée".
Ghemlamallah A. dit également avoir été recruté quelques jours avant le casse et avoir reçu une vidéo "montrant les caissons" avec les bijoux.
De son côté, Abdoulaye N. a assuré à la juge "avoir suivi" pendant l'opération un homme qui "donnait les instructions". "Je n'étais pas son bras droit, mais presque", se souvient-il. C'est lui "qui revient avec moi dans le parking d'Aubervilliers, à scooter".
Ce commanditaire serait "connu du milieu de la petite délinquance" à Aubervilliers, selon Abdoulaye N., qui soutient ne pouvoir en dire plus sans se mettre en danger.
Ses déclarations contredisent sa garde à vue, où il avait évoqué des commanditaires "à l'accent slave".
Lors des auditions, les juges notent qu'un commanditaire prend rarement le risque de s'impliquer sur le terrain. Mais ce donneur d'ordres là "voulait être sûr de récupérer la marchandise", rétorque Abdoulaye N.
Une source proche du dossier tempère auprès de l'AFP : "Les enquêteurs n'achètent pas leurs versions du commanditaire pas encore identifié. Ce qui manque surtout, c'est l'identification des receleurs".
Au début de l'enquête, la Brigade de répression du banditisme (BRB) avait souligné que le mode opératoire renvoyait "aux méthodes habituelles des délinquants chevronnés", motivés par "l'appât du gain", "loin des clichés des gentlemen cambrioleurs de musée", selon une source policière.
Sept mois après, Ghemlamallah A. et Abdoulaye N. semblent exprimer leur dépit : le premier relève devant la juge ne "pas" avoir été "encore" payé, avant de se reprendre, le second évoque une "arnaque".
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Une fenêtre cassée par laquelle les voleurs sont passés pour dérober au musée du Louvre les joyaux de la Couronne, à Paris le 20 octobre 2025 - Dimitar DILKOFF (AFP)