Ni "vieille" ni "bourgeoise" : cette Église des banlieues qui attend le pape

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Ni "vieille" ni "bourgeoise" : cette Église des banlieues qui attend le pape.

Montreuil (AFP) - "La messe, elle est vivante ici", se réjouit un prêtre congolais récemment arrivé en France, à qui on avait annoncé des églises "presque vides". Dans les banlieues populaires de Paris, le catholicisme affiche un regain de dynamisme, à l'heure d'accueillir le pape.

Léon XIV présidera vendredi soir une veillée de prière pour des jeunes de 17 à 35 ans au Stade de France à Saint-Denis, qui s'apprête à accueillir 80.000 fidèles.

Un peu plus au sud, à Montreuil, le père Jeampy Mudimayuku loue la diversité des personnes présentes à la messe. A l'image de la population très métissée de Seine-Saint-Denis, département le plus pauvre et jeune de France métropolitaine.

Dans cette église Saint-Pierre-et-Saint-Paul récemment restaurée, quelque 200 fidèles sont rassemblés en ce dimanche de septembre pour une célébration aux chants joyeux.

"La messe, elle est vivante ici, sincèrement", réagit à la sortie le prêtre congolais, arrivé en France il y a un an, satisfait que les églises "presque vides" qu'on lui promettait de trouver en Europe ne le soient pas tant que ça.

Dans cette paroisse, "toutes les communautés se retrouvent", confirme sur le parvis Freddy Guimbioko, 52 ans, un ingénieur originaire de Centrafrique devisant à quelques mètres de deux jeunes de 23 ans d'origine indienne pour l'un, chinoise pour l'autre. "Ce qui fait la beauté du tapis, c'est quoi ? La multiplicité des couleurs", souligne le père Mudimayuku.

Animatrice des chants à la messe, Céline (elle n'a pas donné son nom), une Guadeloupéenne de 37 ans qui vit dans l'Hexagone depuis 20 ans, se souvient qu'un ancien évêque de Saint-Denis avait évoqué "un diocèse arc-en-ciel, et c'est exactement ça".

Tous les fidèles rencontrés disent qu'ils assisteront à au moins une rencontre avec le souverain pontife, à Paris ou au Stade de France. "Ca n'arrive qu'une fois, il faut être prêt à partager ces moments de joie", témoigne Freddy Guimbioko.

Cet enthousiasme pourrait faire tache d'huile au-delà du monde catholique, estime l'évêque de Saint-Denis.

"Beaucoup de jeunes du 93 ont voulu inviter des amis qui ne sont pas baptisés, juifs, musulmans, sikhs, bouddhistes, hindous... Parce qu'ils vivent ensemble toute l'année et qu'ils avaient l'envie, le désir de partager ce grand moment", a relevé Mgr Etienne Guillet devant la presse.

- "Pas un sujet tabou" -

Les événements pour rencontrer le pape affichent complet, sur fond de "renouveau de la foi catholique en ce moment, surtout au niveau des jeunes", observe Mathieu, 23 ans.

Cet étudiant sera dans la chorale au Stade de France. Laure aussi, qui a grandi dans une famille athée et a été baptisée il y a deux ans.

"J'ai reçu un appel de Dieu assez simple, j'ai juste eu envie de lire la Bible et après, avec ma mère, je suis allée à l'église et on m'a très vite intégrée dans la fraternité jeunes de Bondy", raconte la jeune femme de 20 ans.

En banlieue, à l'inverse de certaines villes-centres ou zones rurales sécularisées, "la question de Dieu n'est pas un sujet tabou", décrypte auprès de l'AFP Janvier Hongla.

Ce trentenaire a fondé en 2020 Fide, une association de jeunes catholiques des quartiers voulant casser "l'image d'une religion de blancs, vieux et bourgeois".

Parmi les facteurs cités pour expliquer ce regain de foi figurent les réseaux sociaux, investis par l'institution ecclésiale mais aussi de jeunes influenceurs religieux ou laïcs.

"Les jeunes sont beaucoup plus au courant des événements à venir", analyse Celes, 21 ans, qui a appris la venue de Léon XIV en France "grâce aux réseaux sociaux".

La coexistence avec d'autres confessions très visibles dans les quartiers, en premier lieu l'islam et le protestantisme évangélique, crée également un effet d'émulation.

"Quand tu as des musulmans en face de toi, c'est plus facile de s'exprimer, alors que les athées, ils ne vont pas te comprendre", abonde Celes.

Ces dernières années, le chevauchement des périodes du carême et du ramadan a été "absolument génial" pour Céline. "On vivait la foi en même temps, on se nourrissait les uns les autres".

This article was published Thursday, 24 September, 2026 by AFP (657 words)
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Une bannière à l'intérieur de la cathédrale Saint-Étienne, annonçant la messe que le pape Léon XIV célébrera le 28 septembre 2026 à Metz, le 3 septembre 2026 en Moselle - Bertrand GUAY (AFP)

Une bannière à l'intérieur de la cathédrale Saint-Étienne, annonçant la messe que le pape Léon XIV célébrera le 28 septembre 2026 à Metz, le 3 septembre 2026 en Moselle - Bertrand GUAY (AFP)


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