Sri Lanka : la route de la transition énergétique est tracée mais elle sera difficile, prévient un ministre
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Sri Lanka : la route de la transition énergétique est tracée mais elle sera difficile, prévient un ministre.
Colombo (AFP) - Le Sri Lanka est déterminé à accélérer sa transition vers les énergies vertes, aiguillonné par la hausse des prix du pétrole causée par la guerre au Moyen-Orient, mais il se heurte à de nombreuses contraintes, prévient son ministre de l'Energie, Anura Karunathilaka.
"Il y a eu récemment quelques coups de semonce qui nous pressent d'augmenter la part des énergies renouvelables au détriment des hydrocarbures", indique M. Kuranathilaka lors d'un entretien accordé à l'AFP.
"Alors notre priorité sera de recourir le plus possible à ces énergies dans les années à venir", ajoute-t-il.
Son pays, qui importe la totalité de ses besoins en pétrole et en gaz, a subi de plein fouet depuis février les conséquences du quasi-blocage du détroit d'Ormuz consécutif au conflit ouvert par les frappes militaires américaines et israéliennes contre l'Iran.
Hausse massive des prix des carburants, du gaz et de l'électricité, rationnement, inflation au plus haut depuis trois ans, l'économie du Sri Lanka, qui se remet à peine de sa pire crise en 2022, a été sévèrement touchée.
L'Etat et la population ont en payé la facture, salée.
Selon le ministère de l'Energie, le gouvernement a dépensé certains mois jusqu'à 30% de ses réserves de change pour payer ses importations d'hydrocarbures.
Le calendrier de la transition énergétique a été fixé avant la guerre. D'ici à 2030, le Sri Lanka doit produire 70 % d'électricité verte. Contre 60 % environ aujourd'hui, dont 40 % pour la seule énergie hydraulique.
"Et nous allons probablement devoir aller au-delà des 70 %", anticipe déjà Anura Karunathilika.
Mais la transition s'annonce plus compliquée que prévue.
Il y a d'abord l'hostilité de certaines populations aux éoliennes. Leur potentiel dans l'île est très prometteur, évalué à une capacité de 30 gigawatts.
Mais dans la presqu'île de Mannar (nord-ouest), la colère gronde. Les riverains dénoncent l'impact de 30 turbines en service depuis 2020 qui, affirment-ils, causent des inondations, éloignent le poisson et menacent les oiseaux migrateurs.
L'autre difficulté est plus technique. "Nous sommes confrontés à des contraintes en matière de lignes électriques, d'indisponibilité et de contrôle du réseau, ainsi que de variations de l'offre et de la demande", énumère Anura Karunathilika.
Pour absorber l'énergie renouvelable à venir, son gouvernement a déjà prévu "dès l'an prochain" de construire cinq nouvelles lignes à haute tension.
Mais cela ne suffira pas. Le succès de l'énergie solaire, notamment de l'équipement des toits des particuliers et des entreprises en panneaux photoélectriques, génère de fortes variations de l'offre d'électricité, qui dépasse souvent la demande en plein jour.
"Parfois, nous devons couper des centrales solaires pour maintenir la stabilité du réseau. C'est pour ça que certains croient que le gouvernement n'encourage pas le solaire", regrette le ministre, "mais c'est faux".
D'ici à 2029, rappelle-t-il, le gouvernement espère faire passer sa capacité de production à près de 4.400 MW, un bond de 388 % par rapport à 2024.
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Le ministre sri-lankais de l'Energie, Anura Karunathilaka, le 5 octobre 2026 lors d'un entretienb à l'AFP à Colombo - Ishara S. KODIKARA (AFP)