France : la dette du 2e trimestre a atteint 119% du PIB, avant un record attendu en 2027
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France : la dette du 2e trimestre a atteint 119% du PIB, avant un record attendu en 2027.
Paris (AFP) - La dette publique française a encore progressé au deuxième trimestre, atteignant 3.595,5 milliards d'euros, soit 119% du produit intérieur brut (PIB), a annoncé mardi l'Insee, avant un record attendu en 2027, situation très inconfortable à quelques mois des élections.
D'avril à juin, l’État s'est endetté de 53 milliards d'euros supplémentaires, la Sécurité sociale de 8,4 milliards. La dette des administrations publiques locales a cependant baissé de 1,7 milliard d'euros, selon l'Institut national de la statistique et des études économiques.
Le gouvernement a d'ores et déjà prévenu que la dette atteindrait 121,7% du PIB en 2027, soit plus du double de la limite européenne fixée à 60%, du jamais-vu depuis le début de cette statistique en 1978.
L'Etat prévoit l'an prochain d'emprunter un montant record de 339,7 milliards d'euros, contre 311,7 milliards en 2026, a indiqué mardi l'Agence France Trésor (AFT).
La France, qui ne parvient pas à réduire son déficit public — il devrait encore atteindre 5,4% du PIB cette année, contre 5% espérés — est le pays le plus endetté de la zone euro, derrière la Grèce et l'Italie.
Le poids des intérêts annuels de cette dette devrait atteindre 91 milliards d'euros en 2027, selon le ministre de l’Économie et des Finances Roland Lescure.
Pour l’État stricto sensu, la charge budgétaire de la dette "est prévue à 72,9 milliards d'euros contre 62,6 milliards d'euros" en 2026, selon l'AFT. Le ministère de l’Économie parle quant à lui de 65 milliards d'euros pour 2026, selon une méthode de calcul légèrement différente.
Le rendement des obligations françaises à échéance dix ans a dépassé mardi le seuil de 4,80% pour la première fois depuis 2008. L'écart avec son équivalent allemand, référence en Europe, continue de grimper, s'approchant de 1,20 point de pourcentage, du jamais vu depuis 2012.
"Cela s'inscrit dans un mouvement mondial de hausse des taux", nuance auprès de l'AFP Éric Dor, directeur des études économiques à l'Ieseg. Cette augmentation est alimentée par l'inflation liée à la crise énergétique, la crainte que les banques centrales ne répercutent cette inflation dans leurs taux directeurs et une demande d'emprunts "qui explose", de la part des pays, mais aussi d'entreprises lancées dans le développement de centres de données et de l'intelligence artificielle.
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Le ministre de l'Economie Roland Lescure, le 17 septembre 2026 à Paris - JOEL SAGET (AFP)