Plafonner la population : la question qui divise la Suisse
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Plafonner la population : la question qui divise la Suisse.
Genève (AFP) - Les Suisses doivent se prononcer mi-juin sur une initiative de la droite radicale visant à plafonner la population à 10 millions d'habitants, un projet anti-immigration qui fracture l'opinion dans le pays alpin.
"Non à une Suisse à 10 millions d'habitants", c'est le nom de ce projet de réforme lancée par le premier parti du pays, l'Union Démocratique du Centre (UDC), connu pour son opposition à l'immigration et au rapprochement avec l'UE.
Selon les promoteurs de cette initiative populaire soumise à référendum, la Suisse - aujourd'hui forte de 9,1 millions d'habitants - subit le poids d'une "immigration de masse" pénalisante.
L'UDC semble bien seule sur cette question, la plupart des autres partis suisses plaidant pour le non, mais les sondages placent partisans et opposants au projet au coude à coude.
"Pénurie de logements, hausse des loyers, bétonnage du paysage, des bouchons, trains bondés, augmentation de la criminalité, système de santé à bout et baisse de la qualité de l'enseignement" sont les principaux arguments des promoteurs de cette initiative.
Ceux-ci entendent "limiter l'immigration à un niveau raisonnable", pour que la population résidente permanente de la Suisse ne dépasse pas le seuil de 10 millions avant 2050. Or selon l'Office fédéral de la statistique, la population suisse devrait atteindre 10,5 millions en 2055.
Le texte prévoit notamment que si la population dépasse 9,5 millions avant 2050, les autorités devront prendre des mesures, en particulier en matière d'asile et de regroupement familial.
Et si la population devait dépasser la limite fixée, la Suisse devrait, deux ans après, mettre fin à l'accord sur la libre circulation des personnes avec l'UE. Ce qui est vu par beaucoup comme une ligne rouge.
Car dans ce cas, les accords bilatéraux signés en 1999 et 2004 - qui permettent à la Suisse d'accéder largement au marché européen -deviendraient caducs, en raison d'un clause "guillotine" selon laquelle la dénonciation d'un volet entraine automatiquement l'annulation de l'ensemble.
"La participation de la Suisse aux accords Schengen et Dublin de l'UE et, par conséquent, la coopération étroite en matière d'asile et de sécurité seraient également remises en question", a aussi récemment prévenu le Conseil fédéral (gouvernement), opposé à l'initiative.
Mesure "anti-étrangers" selon les Verts, "initiative du chaos" selon le Parti socialiste suisse, "solution de façade" selon les centristes. Le texte suscite une large opposition dans le paysage politique suisse.
"Je peux entendre que certains considèrent, à tort selon moi, la fin de la libre circulation comme une solution miracle. Mais la rupture de l'ensemble des accords avec l'Europe me paraît totalement contre-productive", a expliqué à l'AFP Cyril Aellen, vice-président du Parti des libéraux radicaux (PLR).
En outre, selon lui, l'UDC "sous-estime les conséquences négatives très concrètes d'un ralentissement démographique".
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Une banderole électorale en faveur d'une initiative visant à plafonner la population à 10 millions d'habitants, affichée en bord de route avec l'inscription en allemand "Préservons ce que nous aimons", près de Morat, le 26 mai 2026 en Suisse - Fabrice COFFRINI (AFP)